Les actions de l’Homme pour protéger les abeilles

Malgré la situation alarmante, il est possible d’agir en faveur de la protection des abeilles. En effet, d’après l’article 2 de la Charte de l’environnement de 2004 : « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement ». Nous avons donc, en tant que citoyen, un engagement par rapport à la conservation de la biodiversité et l’intégrité du milieu. Au delà de l’investissement individuel, il y a l’engagement collectif : par le biais de nombreuses associations qui agissent de différentes manières pour sauver les abeilles ; la participation au commissions et conseils de quartiers ; les partis politiques, qui permettent de désigner les représentants qui défendront nos idées, et prendront des initiatives favorables à la biodiversité et au développement durable au sein du gouvernement. Il y a enfin l’Union Européenne, qui se doit de prendre des mesures pour sauver notre planète. C’est à ces différentes échelles qu’opère la sauvegarde de notre environnement, et c’est à partir d’actions simples, effectués par chacun d’entre nous, qu’un mouvement de groupe se crée, et aboutit à un effort collectif en faveur de notre Terre.

L’action citoyenne :

Il est possible, pour chacun d’entre nous, de préserver les abeilles, et ce de différentes manières :

– Parrainer une ruche : particulier et entreprises peuvent s’investir dans la préservation des colonies.
L’action consiste à s’inscrire sur le site de l’association « Un toit pour les abeilles », choisir un apiculteur et le montant du financement.
Le but est de participer à la sauvegarde des abeilles et au développement des colonies. En contrepartie, les parrains recevront une part de la production. Les entreprises peuvent même faire le choix de recevoir des ruches sur les toits de leurs locaux.

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L’argent est directement reversé à l’association et à l’apiculteur et servira à pallier la décroissance du nombre d’abeilles dans les ruches et à soutenir l’apiculture, nécessaire à la biodiversité. Ce type de financement participatif permet de développer l’activité tout en conservant une méthode de travail respectueuse de l’environnement. Pour plus d’information à ce sujet: http://www.untoitpourlesabeilles.fr

– Si l’on dispose d’un jardin, il est possible d’accueillir une ruche chez soi, même en tant que particulier. Des formations sont dispensées par des associations pour initier aux rudiments de l’apiculture. Par ailleurs, de plus en plus de citadins installent des ruches sur le toit de leur immeuble. Il semblerait en effet que les abeilles apprécient la ville, car moins polluée par les pesticides. Elles stimulent ainsi la pollinisation et la biodiversité en milieu urbain.

– Ne pas utiliser de pesticides, que ce soit pour son jardin ou ses cultures.

– Cultiver des plantes mellifères (plante dont le nectar est récolté par les abeilles pour élaborer le miel), car elles offrent une floraison abondante et sont riches en nectar. Or le nectar est la source alimentaire des abeilles. Parmi les plantes mellifères, on trouve : Thym, lavande, mélisse, menthe, origan, sauge, verveine, jacinthe, rose trémière, cognassier du Japon, lilas…

De plus, la préservation des abeilles et autres pollinisateurs passe par la sauvegarde de leur environnement et de sa biodiversité. Ainsi, l’ensemble des actions entreprises individuellement pour protéger notre écosystème est bénéfique, non seulement pour les butineuses, mais également pour l’ensemble du milieu naturel. On peut citer l’exemple du tri sélectif, le recyclage, la meilleure gestion de ses dépenses en énergies, privilégier les transports doux et en communs…

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Les associations :

Plusieurs associations, que chacun peut soutenir et adhérer, existent afin de défendre et protéger les intérêts de la biodiversité.

– Greenpeace, en plus de ses nombreux combats environnementaux, soutient la cause des abeilles. L’ONG (Organisation Non Gouvernementale, financé essentiellement par des dons privés et qui se voue à l’aide humanitaire sous une ou plusieurs différentes formes) a appelé en janvier 2017 l’Union européenne à interdire tous les néonicotinoïdes, suite à la publication par l’ONG d’une synthèse scientifique commandé à l’université du Sussex. Celle-ci a analysé de nombreux travaux scientifiques parus depuis 2013, année où l’Union européenne a limité l’usage de trois de ces pesticides pour les cultures à fleurs. Cette synthèse a confirmé l’impact nocif de ces insecticides.

« Par rapport au moment où l’interdiction partielle a été adoptée, nous disposons d’éléments encore plus solides prouvant la contribution des néonicotinoïdes au déclin des abeilles », explique le biologiste Dave Goulson, spécialiste de l’écologie des bourdons.

Greenpeace fait la promotion de l’agriculture écologique, qui n’aurait pas d’incidence sur les pollinisateurs. A l’inverse, elle dénonce l’agriculture industrielle et intensive, qui aggrave la perte de biodiversité.
L’organisation a avancé dans un communiqué : «L’agriculture écologique préserve la biodiversité car elle n’utilise pas de pesticides chimiques ou d’engrais de synthèse. De nombreux agriculteurs européens, hommes et femmes, sont prêts à changer leurs pratiques agricoles, mais ils sont pris au piège du système industriel. »

Greenpeace est une ONG de défense de l’environnement très connue, mais il existe des milliers de groupements en faveur de la protection de notre biodiversité. On peut citer «France Nature Environnement », la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement et porte-parole d’un mouvement de 3500 associations françaises.

– L’Union Nationale de l’Apiculture Française est un syndicat représentant plus de 20 000 apiculteurs. Les principales missions de l’UNAF consistent à représenter le corps de métier mais aussi à former les nouveaux apiculteurs, défendre les intérêts de la filière, protéger les abeilles et sensibiliser le grand public au rôle crucial de ce polinisateur. Le syndicat a ainsi mené plusieurs actions au service de la cause des abeilles.
Depuis 1995, face au constat des phénomènes de surmortalité des colonies d’abeilles, l’UNAF s’est engagé dans un combat syndical et juridique contre les pesticides néonicotinoïdes. Le syndicat dénonce également les OGM, qui représenteraient une menace économique car ils remettent en question le caractère sain et naturel des productions apicoles. Il œuvre aussi pour la mise en place d’une lutte efficace contre le frelon asiatique, en collaboration avec les autorités.

Le syndicat organise des évènements de grande envergure : le congrès national d’apiculture tous les 4 ans ; le Congrès européen d’apiculture; l’Apimondia à Montpellier en 2009 (avec 220 conférences, organisation de débats sur des thèmes scientifiques, juridiques et environnementaux) ou encore l’Api Expo, avec ses 150 exposants issus de 37 pays, 10 000 congressistes, qui a dernièrement rassemblé 30 000 visiteurs.

Leur programme national « Abeille, Sentinelle de l’environnement », vise à la sensibilisation et à l’information pour la sauvegarde de l’abeille et de tous les insectes pollinisateurs, ainsi que la protection de la biodiversité.
http://www.unaf-apiculture.info

Les villes :

L’Union Nationale de l’Apiculture Française a même créé le label national APIcité®, visant à valoriser l’implication des communes dans la préservation des abeilles domestiques et des pollinisateurs sauvages.
De plus en plus de communes et de villes interdisent l’usage de produits phytosanitaires dans les jardins publics, installent des ruches dans le milieu urbain, ou organisent des programmes de sensibilisation dans les écoles. Le but de ce label est de valoriser les politiques locales en matière de protection des pollinisateurs et d’encourager les initiatives en faveur des abeilles domestiques et de la biodiversité en ville.
Parmi les villes labélisées, on peut citer Dijon, Amiens, Clermont-Ferrand, ou bien Paris. Il y a aujourd’hui 17 communes labélisées en France.
Paris a mis en place une politique environnementale importante depuis plusieurs années : ainsi, de nombreux plans d’action se sont mis en place, visant à valoriser les énergies renouvelables et les transports en communs et doux ( Vélib’), et le développement de l’agriculture urbaine, du compost… Pour renforcer les projets en faveur des pollinisateurs, la ville s’est même dotée d’un plan pour développer les ruchers sur le territoire parisien.

L’État :

C’est dans une optique de développement durable (développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs) que notre pays à pris certaines mesures en faveur des abeilles :
– Mise en place du plan Ecophyto 2 : objectif de réduction de 50% du recours aux produits phytosanitaires en France en dix ans, à mesure de 25% tous les 5 ans.
Plusieurs moyens vont être déployés, comme par exemple faire évoluer les pratiques et les systèmes agricoles, amplifier les efforts de recherche, le développement et l’innovation afin de réduire les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques sur l’Homme et sur l’environnement. Depuis le 1 janvier 2017 l’utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les espaces publics est interdite, ce qui marque un premier pas vers l’objectif « zéro pesticides » .

L’État envisage de s’appuyer sur une communication dynamique et une approche participative pour créer un débat citoyen constructif autour des problèmes et enjeux liés aux produits phytopharmaceutiques. Il y a une promotion de la démocratie participative (ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent d’augmenter l’implication des citoyens dans la vie politique et d’accroître leur rôle dans les prises de décision).

Certains néonicotinoïdes, quant à eux, seront interdits en France à partir de 2018, mais il y aura des dérogations.
L’obtention de cette loi fut difficile, car confrontée à une forte opposition de la part de différents députés mais aussi d’agriculteurs, pour qui l’usage de ces pesticides est essentiel à leur exploitation. L’État doit ici résoudre un conflit d’usage indirect (litige survenant entre les utilisateurs d’une même ressource) : ici, les agriculteurs ont besoin de protéger leurs cultures des nuisibles, et utilisent pour cela un neurotoxique efficace ; cependant, ce même insecticide affecte gravement les abeilles qui butinent ces plantes. Or les abeilles sont les sources de revenus des apiculteurs. Le gouvernement doit donc choisir entre préserver les pollinisateurs et la biodiversité, et avec eux l’apiculture, ou bien laisser se développer l’agriculture intensive, très rentable à plusieurs niveaux.

Ces pesticides neurotoxiques déciment chaque année 300 000 colonies d’abeilles en France. Ces dernières années, la production de miel s’est effondrée en France, du fait de cette mortalité annuelle accrue des butineuses. D’environ 30 000 tonnes il y a vingt ans, la production est passée à 15 000 tonnes en 2015.

Cependant, malgré des initiatives constructives, certaines des décisions prises dernièrement ne sont pas sans susciter débats et polémiques. Ainsi, la Cour de cassation, par une décision du 4 janvier 2017, rejette la responsabilité pénale de Bayer concernant son insecticide, le Gaucho. Il a été considéré que le lien entre les troubles affectant les abeilles et l’utilisation de ce neurotoxique n’était pas établi, et que l’absence de l’aspect intentionnel de l’entreprise empêchait une condamnation pénale.

Le groupe Bayer a réagit dans un communiqué :
« Cette décision (…) confirme ce que nous soutenons depuis de nombreuses années : les causes de mortalité des abeilles sont multifactorielles et notre produit Gaucho, lorsqu’il est utilisé dans le respect des bonnes pratiques agricoles, est hors de cause dans la mortalité des colonies d’abeilles ».

Le président de l’Unaf, Gilles Lanio, a tenu également à exprimer son opinion concernant cette décision de justice :
« La procédure pénale de plus de 15 ans concernant le Gaucho, illustre parfaitement l’impuissance de la justice pénale face à des infractions environnementales complexes. Cette impuissance de la justice pénale est la garantie d’une impunité totale pour les acteurs de l’agrochimie ».

L’Union Nationale de l’Apiculture Française a rappelé que cette substance fait l’objet de restrictions sur l’ensemble de l’Union européenne depuis 2013, mais que la société Bayer tente de faire annuler depuis des années.

L’Union Européenne :

L’Union Européenne s’est engagé pour préserver l’environnement dès les années 1970. Sa politique vise à assurer un développement durable en respectant l’équilibre entre protection de l’environnement et compétitivité.
Les principaux axes de la politique environnementale de l’UE sont la réduction des gaz à effet de serre, la nature et la biodiversité, l’environnement et la santé, la qualité de la vie, les ressources naturelles et les déchets, et l’utilisation durable des pesticides. La politique de l’environnement agit surtout grâce à la création de normes et de réglementations.

Un poste de commissaire à l’action pour le climat a été créé, en plus du commissaire à l’environnement, ainsi qu’une direction générale « Climat » au sein de la Commission.

La politique repose sur les quatre principes : précaution, prévention, correction des atteintes à l’environnement et application du principe du « pollueur-payeur » (principe selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction et de lutte de la pollution doivent être pris en charge par le pollueur).

Dans le cadre du protocole de Kyoto, L’UE s’est fixé pour objectif une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le plan « énergie-climat » adopté en décembre 2008, vise à réduire l’émission des gaz à effets de serre, à accroître l’utilisation d’énergies renouvelables et à économiser 20 % de la consommation d’énergie d’ici 2020.

Le programme LIFE + a pour objectif de financer des améliorations et des travaux de recherche dans le domaine de la protection de la nature et de la biodiversité. Il dispose actuellement d’un budget de 3,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

Malgré des lois et des réglementations, certaines décisions capitales pour l’environnement tardent à arriver et sont parfois amputées.

La Commission européenne devait décider, fin 2016, de la suite à donner aux restrictions concernant les néonicotinoïdes. Elle a récemment annoncé maintenir la suspension provisoire les concernant et repousser sa décision à l’automne 2017, afin que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) finalise une réévaluation complète des risques.

Les autorités européennes devaient proposer l’interdiction définitive de ces substances en agriculture, mais il faut que tous les états membres acceptent la mesure. De plus, les groupes industriels fabricants de ces insecticides ont toujours niés les effets néfastes de leur produits sur les polinisateurs, et il faut craindre l’intervention de certains groupe de lobbys très puissants, qui pourrait influencer l’issue des décisions.

Lobby : groupe de pression qui tente d’influencer les lois, les réglementations, l’établissement des normes, les décisions…, pour favoriser ses propres intérêts, économiques en général.

À travers le monde :

Les mesures prises par les autorités pour préserver l’environnement en général peuvent s’avérer bénéfique pour les pollinisateurs : réduction des émissions de gaz à effet de serre et valorisation des énergies renouvelables, diminution des diverses atteintes à la biodiversité avec les parcs nationaux, les lois de préservation permettant le contrôle du développement industriel et de l’étalement urbain. Il y a également le contrôle de la transformation du milieu naturel par la société, la limitation de la déforestation… De même, les sommets et autre réunions de différents états, comme L’agenda 21 et le sommet de la Terre à Rio en 1992, les Conférences des parties (COP21, …), le protocole de Kyoto sont essentiels pour coordonner l’action internationale en faveur de l’environnement.

– L’exemple de l’Israël :

Des espèces de plantes aux floraisons hivernales ont été introduites afin que les apiculteurs ne soient plus obligés de nourrir les abeilles avec de l’eau sucrée, une pratique coûteuse et qui produit un miel de qualité moyenne.
La recherche israélienne cible toutes les stratégies biologiques et botaniques, jusqu’à stimuler le système immunitaire des abeilles en développant des plantes riches en nectar.
Protocole de Kyoto : traité international signé en 1997 visant à réduire l’émission des gaz à effets de serre.

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