Les bienfaits des produits de la ruche

L’homme a toujours vénéré l’abeille et elle fut affublée de bien jolis surnoms : messagère des dieux, acolyte de la Grande Déesse, insecte qui côtoie Dieu, lumière solaire. Il fut donc un temps où l’homme était reconnaissant à l’abeille des bienfaits qu’elle lui offrait.
En effet, bien avant l’invention des médicaments, l’homme a cherché dans la nature des remèdes pour se fortifier et se soigner. Les abeilles lui ont fourni 3 biens précieux : le miel, la propolis et la gelée royale. Encore aujourd’hui, ces trois substances sont utilisées par l’homme, les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. Mais quels sont donc les bienfaits que l’abeille offre à l‘homme ?

La propolis :
La propolis est une substance fabriquée par les abeilles à base de secrétions des végétaux, principalement de conifères. Ces secrétions sont transportées dans les corbeilles des butineuses et ramenées à la ruche où les abeilles maçonnes les récupèrent pour les mélanger avec leur secrétions. Elles l’utilisent ensuite comme « produit du bâtiment » : équivalent d’un mortier qui sert à protéger la ruche de l’humidité et du froid, qui sert à colmater les brèches et à recouvrir les intrus morts pour éviter qu’ils ne se décomposent lorsqu’ils sont trop gros pour être évacués (exemple : une souris).
Une ruche produit environ 100 à 300 g de propolis par an, et elle est très difficile à collecter par les apiculteurs.
Depuis l’antiquité, on connait et on utilise la propolis pour stimuler les défenses de l’organisme, soigner les affections respiratoires et les plaies. Elle peut être comparée à un antibiotique naturel. Elle faisait déjà partie de la pharmacie des légionnaires romains. Les Egyptiens eux, s’en servaient pour momifier leurs morts.
Actuellement, les laboratoires pharmaceutiques se sont emparés de ce produit précieux et le propose sous plusieurs formes : gomme à mâcher, gel, poudre, spray, gélule, sirops en fonction des affections à traiter.

La gelée royale est fabriquée par les abeilles nourricières et son rôle est, comme leur nom l’indique, de nourrir les jeunes larves. Elle doit son nom de « royale » au fait que la reine se nourrit exclusivement de cette gelée tout au long de sa vie. Ceci explique que cette abeille soit plus volumineuse que ses congénères et que son espérance de vie soit également plus élevée. Une abeille classique vit en moyenne 45 jours contre 5 à 6 ans pour une reine.
Les chinois ont été les premiers à découvrir ses bienfaits mais ce produit était si rare que seules des personnes très riches y avaient recours. Pour eux, la gelée royale apportait longévité.
La commercialisation de la gelée royale est récente (début du XX ème siècle). En effet, la ruche ne produit que la juste dose de gelée royale à consommer (soit 330g par an) et pour en collecter en plus grande quantité, l’apiculteur doit retirer la reine de la ruche. Cela a pour effet d’obliger les abeilles nourricières à produire plus de gelée pour les larves, afin que l’une d’entre elles puisse remplacer la reine manquante.

Actuellement, la gelée royale est utilisée pour ses vertus tonifiantes et son action pour diminuer la fatigue. En effet, on retrouve dans sa composition de la vitamine B5, des oligo-éléments et de l’acétylcholine (neuro transmetteur). Elle est le plus souvent proposée liquide et conditionnée en ampoule buvable.

Le Miel :
Avant même que l’homme n’ait chercher à domestiquer les abeilles, il récoltait le miel. Ce nectar fut même surnommé « substance des dieux » par les civilisations anciennes. Les égyptiens s’en servaient pour embaumer leurs morts. Dans la bible, la terre promise est décrite comme un lieu « où coulent le lait et le miel » ……
Le miel est donc la nourriture des abeilles. Elles le stockent pour nourrir leurs larves mais aussi pour se nourrir pendant la période hivernale où il y a peu de fleurs à butiner.
Le miel est fabriqué à partir du nectar des fleurs. C’est une substance composée de fructose et de glucose qui sont des sucres simples très facilement assimilables par l’organisme.
C’est son alimentation qui détermine l’avenir d’une larve abeille :
– une larve nourrie exclusivement à la gelée royale, donne une reine (16 jours de l’œuf à l’abeille)
– une larve nourrie pendant les 3 premiers jours la gelée royale puis les jours suivant avec du miel donne une ouvrière (21 jours de l’œuf à l’ouvrière)
– une larve nourrie exclusivement au miel donne un mâle. (24 jours de l’œuf au faux bourdon)
On reconnait de nombreuses vertus et propriétés médicinales au miel :
– il est antioxydant (prévient des maladies cardiovasculaires),
– il protège de certains cancers (sein principalement mais aussi foie, poumon et colon) en ralentissant la prolifération de cellules cancéreuses
– il est antibactérien et anti-inflammatoire et peut prévenir certaines maladies comme les affections gastro-intestinales
On trouve de grandes variétés de miels, au goût bien différent en fonction des plantes sur lequel le nectar est collecté par les abeilles.
En moyenne, une ruche produit aux alentours de 30 kilos de miel par an (mais jusqu’à 60 kilos en milieu favorisé) ; cela fluctue également en fonction du climat.

En 2016, la France a produit 9000 tonnes de miel, mais la production s’effondre……
La cire
Il y a une autre substance offerte par les abeilles qui reste très utilisée par l’homme : c’est la cire. Il s’agit d’une sécrétion produite par les abeilles pour construire leur habitat, c’est avec ça qu’elles fabriquent les alvéoles qui composent la ruche où sont élevées les larves et stocké le miel.
La cire est utilisée depuis l’antiquité : on l’utilisait pour recouvrir des tablettes en bois sur lesquelles on pouvait alors écrire. Les embaumeurs égyptiens s’en servaient dans leur rituel de momification.
On l’utilisait pour cacheter des lettres et bien sûr pour en faire des bougies et s’éclairer avant l’apparition de l’électricité !
Mais à l’heure actuelle, la cire est surtout utilisée par l’industrie du cosmétique et l’industrie agroalimentaire. On se sert de la cire pour fabriquer des baumes et des crèmes, elle sert alors d’agent de texture et pour fabriquer des sticks de rouge à lèvres où elle sert de durcisseur.
L’industrie alimentaire s’en sert comme agent de glaçage ou pour enrober certains fromages sous l’appellation E901.
La production mondiale de cire d’abeille et d’environ 65 milliers de tonnes par an, et elle progresse constamment car la demande de l’industrie reste très forte.

Depuis 24 ans, au service de chirurgie viscérale et de transplantation du CHU de Limoges, les médecins utilisent, en post opératoire, le miel pour la cicatrisation des plaies après une simple désinfection au sérum physiologique, puis on recouvre le tout d’une compresse stérile. Le pansement n’a besoin d’être changé qu’une fois par jour. C’est le professeur Descottes, chef du service, qui a eu cette idée. Il s’est penché sur les vertus médicinales du miel et a décidé de mettre en pratique ses connaissances ; bien des civilisations anciennes utilisaient déjà ce procédé auquel le professeur souhaitait apporter une dimension scientifique. Les résultats, d’ailleurs, ont immédiatement été là, 97% des patients ont eu une cicatrisation rapide et sans complication, même les patients les plus à risque, comme les diabétiques ou les porteurs du VIH. Ils ont tous très vite adhérer à cette utilisation du miel.
Les médecins s’assurent qu’il s’agisse d’un miel biologique de thym qui apporte les meilleurs atouts à la cicatrisation. Le miel est contrôlé par le pôle pharmacie de l’hôpital. Le miel est une matière vivante qui n’a pas besoin d’être aseptisée avant utilisation, mais il doit être dépourvu de résidus chimiques (pesticides).
Le miel est un antibactérien, un antiviral et un antiseptique naturel puissant. Il contient du sucre, sous sa forme la plus simple, nécessaire au métabolisme cellulaire ; son PH acide assure une barrière contre la prolifération microbienne et il est doté de divers vitamines, le tout booste le développement cellulaire, la peau se reconstitue plus vite ! La cicatrisation au miel est deux fois plus rapide qu’avec n’importe quelle autre substance issue de laboratoires pharmaceutiques.
Les laboratoires pharmaceutiques aident pour beaucoup de choses mais là, ils sont disqualifiés par les abeilles ! Elles travaillent gracieusement et offre un produit à un coût défiant toute concurrence : 10 euros le kilo, contre 30 euros les 10 grammes pour un produit cicatrisant postopératoire standard ; l’infrastructure d’une ruche n’est pas celle d’un laboratoire aussi complexe soit-elle et les abeilles n‘ont pas de problème administratif, de brevets à déposer…
L’enthousiasme du professeur Descottes pour le miel et ses productrices était intarissable ! Il a créé en 2009, juste avant son décès, une association francophone de recherche en « apithérapie » dans un but très particulier : aider à soigner certains cancers grâce aux propriétés immunitaires du miel. Alors ici, les abeilles sont adorées, d’ailleurs il y avait des ruches sur le toit de l’hôpital, il y a même une ruche pédagogique qui enchante bien les petits pensionnaires du HME !

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